Raison 70: Tu peux t’entraîner à l’année!

Il y a des sports qui ne se pratiquent que l’hiver, comme le ski ou la raquette; d’autres seulement l’été, comme le vélo de montagne ou le kayak.

On pourrait croire que la course en sentiers fait partie des activités exclusives au soleil estival.

Laissez-moi vous surprendre! Il est désormais possible de s’entraîner à l’année en trail grâce à la création récente de nouvelles courses en sentiers… sur neige! Et non, il ne s’agit pas de course de raquettes, mais bien d’activités en espadrilles (avec ou sans crampons). Je fais ici un peu d’autopromotion, car Pierre-Luc et moi, en partenariat avec Horizon 5 Plein air, organisons depuis l’an dernier le Trail de la Nuit polaire, en janvier, une course dans les sentiers du club de ski de fond La Balade, à Saint-Jean-Chrysostome (un superbe centre de ski de fond à 20 minutes du centre-ville de Québec!).

Non seulement de tels évènements donnent l’occasion d’exercer son loisir préféré en plein coeur de la saison froide, mais l’expérience est « rafraîchissante » et hors de l’ordinaire, avec feu de bois à l’extérieur, lampe frontale, dégustations de produits locaux, vin aux épices et chocolat chaud.

Je vois d’ailleurs de plus en plus de commentaires et de questions circuler sur les médias sociaux sur la manière de s’habiller et de se chausser pour courir en hiver. Signes que l’hiver n’est pas une raison pour s’encabaner! Merveilleux. Nous sommes tellement chanceux de vivre au Québec, avec ses quatre saisons distinctes!!

OK. Nous sommes encore loin des courses de trail de longue endurance sur neige… mais disons que la neige et le froid augmentent déjà le degré de difficulté, ce qui nous rapproche du défi mental d’une course d’ultratrail ;)

Vous vous demandez comment vous chausser ou vous habiller pour courir en hiver?

Voici des capsules réalisées en collaboration avec le Coureur nordique:

On se voit samedi le 24 janvier ? J’ai hâte!!

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Raison 69 : Ultra-Trail Harricana de Charlevoix

C’est avec beaucoup de recul que je reviens sur ma course du Ultra-Trail Harricana de Charlevoix. Plusieurs avant moi ont déjà rédigé avec détails et passion leur expérience. À lire : le blogue de Joan Roch (joanroch.com/author/joanroch), ledernierkilometre.com ou celui de Marlène Couture : lesaventuresdemarly.blogspot.ca.

Mais parce que chaque coureur a son histoire, et que le UTHC représente pour moi une excellente raison de courir des trails de longue endurance, je me permets d’y aller aussi de ma propre expérience.

Vendredi 12 septembre

Reculons donc en arrière un peu. Non pas au samedi 13 septembre, jour de la course, mais bien au vendredi 12 septembre. L’air est frais; le soleil, radieux. Pierre-Luc et moi prenons la route de Rivière-du-Loup, où nous laisserons notre plus grand garçon à sa grand-maman, qui l’amènera à son tour à Matane pour plusieurs jours de surprises et de gâteries. Le plus jeune est resté à Québec, chez l’autre grand-maman. Parce qu’on ne se le cachera pas : courir en trail de longue endurance requiert toute une logistique familiale!

Nous rejoignons des amis au quai de Rivière-du-Loup, de même qu’une dizaine d’autres coureurs, qui prendront le traversier vers Saint-Siméon avec nous. Quelle bonne idée que de prendre ce traversier! Sans les enfants, à se laisser bercer par les vagues, le vent balayant notre quotidien loin de nos pensées, on profite du moment en amoureux. On se retient fort de commander un verre de vin (vous avez sans doute déjà remarqué que les prix des produits gonflent quand on quitte le plancher des vaches), et on respire à grandes bouffées l’air de la mer. Aussi bien dire que la fin de semaine commence bien!

C’est la première fois que je mets les pieds au Mont Grand-Fonds, un joli centre de ski de fond et de ski alpin. Le chalet principal, en bois, est spacieux et confortablement organisé. Je mijote déjà de nouveaux projets pour l’hiver…

Nous sommes fébriles à notre arrivée sur le site, juste à temps pour la réunion d’avant-course. Florent Bouguin, président d’honneur, y va d’un discours toujours aussi inspirant et articulé, qui attise encore plus notre impatience et notre curiosité. C’est aussi un bonheur de croiser d’autres coureurs avec qui nous avons tissé des liens d’amitié par le passé.

Avant de monter la tente au camping des Chutes Fraser, nous décidons d’aller manger des pâtes au Mikes de La Malbaie. Le service sera rapide. Ce ne sera pas trop cher. Pas de souci. Erreur. Les employés du restaurant ne savaient pas qu’un événement de course à pied se tenait dans leur région en fin de semaine, et ils ne fournissent plus à la tâche. Nous y attendrons plus d’une heure pour recevoir notre spaghetti, après avoir attendu une demi-heure pour donner notre commande. Ah et puis à quoi bon se plaindre. Nous sommes en vacances après tout. Une heure de sommeil de plus ou de moins quand tu n’en dormiras pas assez de toute façon, est-ce que ça fera vraiment une différence? Et si jamais ça fait une différence? Que voulez-vous qu’on y fasse? C’est la vie. On ne contrôle pas tout. Ça rendra le défi plus intense, imprévisible, drôle à la rigueur, parce que nous aurons des anecdotes à raconter! Et ça nous aura donné le temps de boire un petit verre de vin… de plus! Pour mieux dormir :)

Je me garde un tiers de spaghetti pour mon déjeuner d’avant-course, à 2h du matin. Eh oui! Je sais que je le digère bien, que les pâtes me donnent les sucres lents dont je vais avoir besoin et que je n’aurai pas faim pendant un bon bout de temps.

Le matin de la course

À 3h du matin, nous sommes 246 coureurs à nous disperser dans les autobus qui nous conduiront à la ligne de départ. Le 65 km et le 80 km suivent le même trajet, sauf que les coureurs du 80 km, une fois arrivés au Mont Grand-Fonds, repartent pour une boucle de 16 km, en empruntant les pistes de ski alpin (!). Cette idée me fait peur. Passer si près du but et devoir repartir. Entendre l’euphorie du fil d’arrivée et ne pas pouvoir le franchir… Savoir que la tentation nous attendra lorsque notre esprit sera plus faible et fragile…

Nous arrivons à l’avance au site de départ, où nous pouvons aller aux toilettes, ce que je n’arrive pas à faire à mon plus grand désarroi. Cela signifie que je devrai arrêter en chemin. C’est inévitable et me déçoit rien que d’y penser. Mais c’est la vie, encore.

Il fait frais dehors, et chacun y va de son choix pour s’habiller. Je me change environ trois fois dans l’autobus. Peur d’avoir froid, d’avoir chaud, de devoir arrêter pour me changer. Puis je repense à une dame qui m’a dit un jour « Je préfère avoir un peu froid. Ça me fait avancer plus vite et puis, je suis sortie de mon salon pour sortir du confort de mon salon! ». Pas faux. J’observe Florent Bouguin et Jeff Gosselin et décident de les imiter. Je porterai un t-shirt avec des avant-bras (c’est utile finalement ce gugusse là!).

Je ne regretterai pas mon choix.

La course

Quelques secondes avant le coup d’envoi de la course, dans une profonde noirceur, je n’ai aucune idée à quoi m’attendre. Je n’ai pas regardé la dénivellation, ni la description du parcours, ni les récits des coureurs des années passées. Je ne sais pas qui exactement est dans le peloton de coureurs ou combien nous sommes.

J’ai préféré vivre dans le déni, plus ou moins consciemment.

Je crois que j’avais peur de savoir. J’ai choisi l’ignorance et la naïveté à la possibilité de me faire influencer par de possibles déductions ou pensées négatives. Et savez-vous quoi? Je réalise que je fais cela à tout coup, à chaque course. Comme pour me protéger, me faire ma propre opinion. Vivre le moment présent au fur-et-à-mesure. Comme pour m’assurer de ne pas trop prendre cela au sérieux. Parce que je ne veux surtout pas que ça devienne sérieux. C’est un loisir après tout.

Mon seul objectif : faire de mon mieux, terminer l’épreuve fière de moi et avoir du plaisir tout au long de la course. C’est déjà beaucoup!

Le pari aura été réussi. Je n’aurai eu que des pensées positives tout au long des 9h47 minutes que m’aura pris le trajet.

Il faut dire que je me sens terriblement bien ce jour là. Je l’attends depuis si longtemps. Le parcours est beaucoup moins difficile que ce que j’aurais pu penser. Je m’imaginais des sentiers beaucoup plus techniques et abruptes. Je vois finalement les kilomètres descendre relativement rapidement sur des sentiers de terre roulants et larges. Une chanson qui avait joué dans l’autobus quelques minutes avant le départ tourne dans ma tête pendant au moins 3 heures, le refrain me crinquant à blocs très longtemps. Jusqu’à ce qu’une nouvelle chanson prenne le relais, sortie de nulle part dans les dédales de mes souvenirs. Ne me demandez pas de quelles chansons il s’agissait. Je ne sais même plus…! Haha

Les ravitos sont impressionnants. De véritables buffets de roi avec des dizaines de choses à boire et à manger : sucrées, salées, énergétiques, désaltérantes. Je prends deux ou trois morceaux de patates et des gnocchis avec du sel (c’est si bon!), que je grignote en route pendant les kilomètres suivants. Je m’arrête le moins longtemps possible et le fais presque par politesse envers cette organisation magnifique. Je n’aime pas arrêter en cours de route. Ça casse le rythme et rend les redémarrages parfois pénibles.

On m’informe vers le 28e km que je suis la première femme du 80 km. Il doit y avoir une erreur. Ils n’ont pas remarqué les premières femmes car elles sont passées trop vite. Je ne cours pas si rapidement, il me semble. J’ai un bon rythme, mais pas celui d’une athlète ! Quoiqu’il en soit, je continue mon petit bout de chemin et l’idée de terminer 1ère commence petit à petit à me galvaniser. Et si c’était vrai? La possibilité de relever le défi au-delà de mes attentes me motive et je continue, en donnant le meilleur de moi-même, tout en me disant que je suis peut-être la seule femme du 80 km en fait! Ça expliquerait bien des choses!

Au détour du 40e kilomètre, ou peut-être le 50e, peu importe. J’aperçois Lucile, la première femme du 65 km, à quelques dizaines de mètres devant moi. Je me demande si je dois accélérer, idée de la dépasser et de chercher à finir, aussi, la première femme du 65 km. Je me ramène rapidement à la raison. À quoi bon? Au risque de casser, de perdre « mon rythme » et de tout gâcher? Le défi n’en vaut pas la chandelle. Elle m’aura peut-être aperçue à son tour, car elle semble avoir accéléré le pas à un certain moment, et je ne la revis plus de la course. Elle aura d’ailleurs fini le 65 km bien avant moi!

Je reste donc concentrée sur le sentier, mon corps, ma motivation. Ça va toujours très bien. À quelques kilomètres de l’arrivée du 65 km, l’idée de bifurquer vers les spectateurs et de terminer la course m’effleure tout de même l’esprit. J’en ai eu assez, il me semble. Est-ce vraiment nécessaire de repartir? Quelles seraient les conséquences? Pas grand chose, sinon que je ne serais pas fière de moi… Et c’est déjà beaucoup trop pénible à envisager pour que j’abandonne. L’idée d’avoir à vivre avec l’échec m’aide à me recentrer. Quand j’aperçoit Pierre-Luc, qui m’attend pour faire la dernière boucle avec moi, pimpant, motivé, heureux et fier de moi comme jamais, j’ai envie de repartir pour un autre 65 km avec lui (je l’aime tellement!).

Mais il m’informe que la 2e fille du 80 km est non loin derrière. Moi qui ne voulais pas me mettre de la pression avec cette course, voilà que les enchères ont monté et que les attentes sont dorénavant élevées… Je profite de la présence de Pierre-Luc pour me faire raconter les nouvelles de la journée pendant que j’étais dans le fond du bois et que la Terre continuait à tourner. Pour la première fois depuis le début de la course, j’ai envie de me changer les idées pour ne pas voir les kilomètres passer. Courir comme un robot, jusqu’au fil d’arrivée. Ça a marché.

Que d’émotions en franchissant le fil d’arrivée! Tous ces gens si fiers de moi, à en pleurer! Et moi, si contente d’avoir accompli ce défi! Photos, entrevues dans les médias, trophée, pluie de courriels et de messages sur les médias sociaux.

Il y a des gens qui font tant de belles choses et qui n’ont pas cette attention. Je me suis demandée si je la méritais vraiment. Au fond de moi, j’avais cette étrange impression de vivre l’expérience de quelqu’un d’autre, comme une imposteur, l’heureuse bénéficiaire d’une erreur.

Je savais que la chance y était pour beaucoup dans ma première place et j’ai appris sans surprise que les meilleures athlètes féminines de trail au Québec étaient ou bien absentes ou sur d’autres circuits (28 km, 65 km).

Quoiqu’il en soit, tant mieux pour moi. Ça m’aura permis de goûter un rêve quelques instants! Et je dois dire que peu importe notre positionnement, l’UTHC est une course superbe, accessible, extrêmement bien organisée, pour une cause très motivante, avec des bénévoles hyper crinqués et qu’on ne veut surtout pas manquer.

On s’y voit l’année prochaine?

Anecdotes en vrac

 1- Je m’attendais à croiser un orignal, ou un ours. Je me serai plutôt fait attaquer par un essaim d’abeilles, qui m’ont piqué à plusieurs endroits. Ayoye! Ça saisit! Et ça chauffe!! L’image de la mairesse de La Prairie décédée cet été, piquée par une quinzaine d’abeilles sans même être allergique à celles-ci, m’a fait « courir de peur ». Je me suis sérieusement demandée ce que je devais faire pour protéger les gens derrière moi, qui étaient peut-être allergiques! Des marcheurs croisés quelques centaines de mètres plus loin ont finalement érigé un périmètre de sécurité autour de l’endroit pour faire dévier les coureurs. Merci à vous, chers marcheurs.

2- Je savais que j’allais devoir arrêter aux « toilettes », mais pas aussi souvent. Chercher trois fois un petit coin quand des gens te dépassent à tout bout de champ, c’est gênant!

3- Comment ne pas vouloir fêter quand on vient de réaliser un défi comme celui-là? Ne pas avoir à se soucier des enfants et avoir toute la soirée devant soi, ça mérite d’en profiter ! Laissez-moi donc vous confirmer que ce n’est pas parce qu’on marche comme un manchot qu’on ne peut pas danser! Merci aux organisateurs d’avoir prévu ces beaux moments.

4- Il est bizarre de voir des photos de soi en train de courir un 80 km, avec un t-shirt où il est écrit 50 k dessus… J’ai en effet dû assumer – honteusement – d’avoir perdu le super beau t-shirt d’ambassadrice de l’UTHC que m’avaient donné Sébastien Côté et Geneviève Boivin, et de mettre le t-shirt que j’ai reçu au North Face Endurance Challenge de Bear Mountain, en mai dernier, avec un 50 k écrit dessus. Je n’ai pas beaucoup de t-shirts de course confortables et encore en état. Et je perds souvent des choses. C’est comme ça!

Photo Olivier Michallet UTHC 2014 marline harricana

Raison 68: Apprendre à trouver le bon rythme

Je reprends vie sur ce blogue après plusieurs semaines de silence. J’avais besoin de me reposer et de prendre du recul à la suite d’une période intense de travail au cours des derniers mois. La vie peut aller vite parfois. Trop vite. Quand tu n’as plus le temps de profiter des paysages qui défilent sous tes yeux, que tu cours si vite que tu risques de manquer la bonne intersection et de te perdre en chemin, c’est que le temps est peut-être venu de ralentir et de faire le point. Arrêter quelques instants peut nous amener plus loin, plus longtemps. Parce que la remise en marche nous aide à reconnecter avec notre corps et notre environnement, et à retrouver le bon rythme.

Dans la course de trail de longue endurance, c’est important de trouver le bon rythme. Pour ne pas se brûler, se blesser ou même se perdre! Pour cela, il faut toutefois bien se connaître pour être à l’affût des signaux que nous envoient notre corps et notre esprit pour nous dire qu’à cette cadence, ça va passer… ou casser…

Le but est d’avancer au rythme le plus rapide possible pour nous garder motivés et assez lent pour ne pas frapper un mur. Et la ligne n’est pas toujours facile à tracer. C’est même tout un défi. En fait, il faut réajuster le tir souvent. Parce qu’on traverse des sections plus ou moins difficiles, parce que la température affecte notre mental ou la qualité des sentiers par endroits, parce qu’une dose de sucre nous monte au cerveau, parce qu’on croise d’autres coureurs ou des bénévoles, parce que…. Les facteurs affectant notre équilibre sont aussi nombreux qu’inattendus.

C’est aussi pourquoi vous ne me verrez jamais avec une montre cardio-fréquencemètre ou toute autre technologie de ce genre. J’aurais bien trop peur de me laisser dévier de ma boussole interne. Mon corps m’envoie assez de signaux comme cela. Je dois me concentrer à l’écouter, et à lui parler. Suis-je bien? Ai-je besoin d’énergie? Ça va bien. On lâche pas. Je le sais que je suis capable…

« Garde le bon rythme et on va y arriver! »

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L’équilibre des pierres de Micheal Grab, l’homme qui réussit à faire tenir en équilibre… l’impossible!

Raison 67: Tu as confiance en toi

Bon bien ça y est, ce n’est pas des blagues. Nous y sommes. Le grand jour est arrivé!

Après des mois de préparation, on va aller vérifier où est rendue ma limite mentale et physique (parce que c’est un peu ça le but non?). J’ai confiance de pouvoir terminer le 80 km. Dans quel état, je ne suis pas tout à fait certaine par contre. Le cut off (temps limite à ne pas dépasser à certaines stations pour ne pas être disqualifiés) me stress un peu, mais d’un autre côté, il va me motiver à ne pas lâcher et à ne pas ralentir le rythme.

Je sais que je vais avoir mal, que ça ne sera pas facile, que je vais devoir me battre – peut-être – pour ne pas me laisser envahir par des pensés négatives qui vont vouloir me faire abandonner. Je sais aussi que les paysages dans la forêt, aux petites heures du matin, au lever de soleil, seront magnifiques, que je vais me rappeler au moins 1 000 fois la chance de pouvoir faire ce genre de choses, parce que j’ai la santé, du temps, une famille pour garder mes enfants, la liberté, la force mentale, l’argent pour m’acheter du matériel, me déplacer et m’entraîner à l’année, que je vais rencontrer des gens extraordinaires, avec des parcours inspirants, que je vais exercer ma patience et ma persévérance, et accroître ma capacité à m’adapter et à sortir de ma zone de confort.

Demain, je vais réaliser l’épreuve physique la plus difficile que j’ai accomplie à ce jour et je ne sais pas encore comment mon corps et ma tête réagiront… mais j’ai hâte, et j’ai confiance. C’est important, la confiance. Elle va me faire avancer, continuer, repousser la limite, me faire franchir le fil d’arrivée. Comme dans la vraie vie, n’est-ce pas?

Je sais que je vais avoir de belles histoires à vous raconter samedi soir…

À bientôt!

Raison 66: Il y a (presque) toujours de l’alcool à la fin

On ne se le cachera pas: une bonne partie du plaisir à faire des courses officielles réside dans l’après-course, où l’atmosphère est chargée d’endorphines et d’excitation, où on revient sur terre comme dans un sas de transition d’une navette spatiale revenue d’expédition, où on ne pense qu’à raconter nos aventures les plus loufoques et inattendues… et à se laisser prendre en charge, pour seulement profiter du moment présent, avec un tas de gens qui ont plus ou moins partagé les mêmes moments que nous, et qui comprennent notre gentille folie.

Une de mes motivations, quand je cours de longues distances, est de penser à ce moment éphémère qui m’attend et dont je ne saurai profiter pleinement que si j’ai la fierté d’avoir été jusqu’au bout de moi-même. Sur le bord d’un lac, dans le cadre d’un concert, dans un spa, le petit verre de vin devient fort agréable. L’attente et l’expectation qui ont fomenté dans mon esprit pendant des heures érigent ce moment en apparence anodin en récompense suprême.

C’est fou comme accomplir des défis, se dépasser, atteindre et repousser ses limites changent notre perception des choses les plus simples… et ce n’est qu’un tout petit exemple!

Raison 65 : Tu n’as pas peur de te lever tôt

(Yé! J’ai récupéré mon ordinateur personnel, que les enfants ont fait tomber par terre en jouant avec les petites cousines en visite à la maison, et qui était brisé depuis deux semaines… Je vais pouvoir me remettre assidûment à la tâche! Ça va faire du bien de laisser mon esprit vaquer de nouveau dans ma bulle. Haha!)

Raison 65: Tu n’as pas peur de te lever tôt

Ce samedi (tiens, c’est demain ça!), je vais me lever le plus tôt que je me suis jamais levée pour une course. À 2h, si j’ai réussi à dormir malgré l’excitation du moment, on va se réveiller dans notre belle petite tente pour se préparer, manger un peu et se rendre au centre de ski du mont Grand-Fonds, où une navette nous amènera au site de départ, à une heure de route de là, dans le secteur du parc national des Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie.

Ça me rappellera que la première – et seule fois – où je suis allée dans ce parc, avec Pierre-Luc, mon chum, dans le temps où j’essayais encore de l’impressionner pour le garder dans ma vie, nous nous étions frappés à une barrière de sécurité fermée. C’était le début du mois de mai et le parc n’était pas officiellement ouvert. Comme si une barrière allait nous arrêter (!), nous avions sorti les vélos, parcouru la vingtaine de kilomètres fabriquée de côtes plutôt abruptes qui nous séparaient du parc, pour finalement faire une randonnée de 500 mètres dans la montagne… Alors que le printemps nous réchauffait la couenne dans le reste du Québec, le parc des Hautes-Gorges était encore tapissé de neige fondante, lourde et molle à la veille de l’été.

Tout ça pour dire qu’il ne fera pas chaud, sans doute, en fin de semaine, dans la région de La Malbaie, surtout à 2h du matin. Il faudra se préparer à sortir de notre zone de confort dès le réveil! C’est d’ailleurs le lot des coureurs de longue distance chaque fois qu’ils participent à une telle course. Si on veut finir à temps pour le party de fin de soirée, il faut bien commencer à une heure qui nous permette d’y arriver! L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt comme on dit.

Ça tombe bien, voilà maintenant plus d’un mois que je me lève plusieurs nuits par semaine à trois heures du matin pour travailler jusqu’à 6h pendant que les enfants font dodo. Je suis préparée à me mettre en marche tôt le matin. Eh oui! C’est aussi ça le lot de ceux qui travaillent dans de petites organisations, avec peu de ressources, mais avec beaucoup d’ambitions… Heureusement, ça ne dure jamais trop longtemps. Et le résultat en vaut généralement la chandelle!

À samedi matin les amis!

nuit

La nuit, à 3h am, au centre de ski du mont Grand-Fonds

Raison 64 : Tu découvres de nouvelles recettes

Parlant de nourriture et de nutrition sportive (raison 63), ça m’a fait réaliser qu’en plus des produits commerciaux, il y a les nombreuses recettes que nous pouvons cuisiner à la maison. Je prends rarement le temps d’en préparer moi-même, mais ce n’est pas l’intention qui manque, car j’ai entendu parlerà quelques reprises de galettes énergétiques, de collations ou de boissons santé entièrement faites maison, souvent bio, tout à fait économiques et fort agréables au goût, qui m’ont l’air pas mal efficaces!

En fait, le Web regorge de trouvailles pour nous inspirer.

Voici mes dernières découvertes, qui m’ont été partagées par Jean-Frédéric Grandmont. Pour avoir couru avec lui récemment… et avoir eu de la difficulté à le suivre : je vous garantis que ça ne doit pas nuire à la performance!

Barre énergétique : http://www.oneingredientchef.com/tarahumara-pinole-energy-bars/

Gel: Pour une flasque à gel de 250 ml 

  • 1 c à soupe de graine de chia moulues (les graines complètes ne passeront pas dans un embout de gourde normal)
  • 2-3-4-5 c à soupe de sirop d’érable
  • 2-3-4-5- c à soupe de confiture (ex: framboise)
  • 1 pincée de sel
  • eau pour combler et ajuster la consistance

La consistance va augmenter avec le temps, puisqu’un gel se forme autour du chia. Il faut donc ajuster un peu le liquide au début. 

Et vous, quelles sont vos recettes magiques? 

Raison 63: Tu apprends des notions de base sur la nutrition

Quand j’ai commencé à faire de la randonnée pédestre, il y a une dizaine d’années maintenant, on se préparait des collations de noix, de crudités, de fruits séchés maison (avec le déshydrateur! mmmmm…), de barres tendres et de chocolat chaud. On savait déjà qu’il fallait bien s’alimenter, ne pas attendre d’avoir faim et soif avant de se sustenter; bref, que nous devions bien « faire le plein de carburant » de temps en temps. Les trucs pour ne pas manquer d’énergie en forêt, on se les transmettait de randonneur à randonneur et on les cherchait dans les récits d’explorateurs à la bibliothèque.

Je ne connaissais pas vraiment, à mon souvenir, de boutique spécialisée en randonnée pédestre… sauf peut-être Mountain Equipment Co-op, bien sûr!, mais comme j’étais étudiante et que j’économisais mon argent pour mieux voyager, j’évitais d’y mettre les pieds… et de me laisser tenter!

Puis, mi-vingtaine, j’ai commencé à courir, à l’époque même où je commençais ma vie professionnelle à temps plein. Sans enfant, en appartement, sans responsabilité : j’avais soudain les moyens de consommer, de magasiner et de m’habiller pour le plein air… tout en continuant à voyager! Et avec la course, est venue la notion de performance, qui n’avait pas vraiment son sens en randonnée. C’est alors que j’ai découvert le monde complexe et insoupçonné de l’alimentation et de l’hydratation sportive, au sujet desquels de nombreux acteurs et spécialistes peuvent nous conseiller. J’ai lu, consulté, testé…

Avec la mode que connaît la course à pied en ce moment, on a le choix entre des variétés quasi illimitées de produits de toutes sortes : gels, barres, capsules, jujubes, poudres, concentrés, pâtes, gâteaux, chocolats, etc. Avec ou sans protéines, potassium, électrolytes, sucres, caféine et j’en passe.

Du coup, chaque fois que je mets les pieds au Coureur nordique aujourd’hui, je me sens comme une gamine devant un comptoir de bonbons. J’hésite, je compare, je regarde les emballages et je finis par choisir un petit peu de tout et de n’importe quoi parce que je n’arrive tout simplement pas à faire un choix!

Quand on court de longues distances, la question de l’alimentation devient cruciale. Manquer d’énergie et mal anticiper ses besoins dans une sortie de 5, 10 heures et plus peuvent être fatales et nuire considérablement à la qualité de l’expérience. On se met donc quasi inévitablement à essayer toutes sortes de choses et à faire des tests pour voir avec quels produits les papilles et notre corps réagiront le mieux.

En ce qui me concerne, je ne comprends pas encore très bien toute les listes des ingrédients sur les emballages, mais je reconnais rapidement les nombreux produits québécois et/ou biologiques, qui se multiplient et que je suis fière d’encourager. Mes préférés : Xactnutrition, La Fourmi Bionique, Pro Circuit Endurance X1… tout en n’oubliant pas que de simples bananes, patates au sel, noix et pretzel peuvent très bien dépanner…  ! Et le meilleur truc qu’un ultramarathonien d’expérience m’ait donné, et qui m’a toujours très bien servi à ce jour : me lever en plein milieu de la nuit, quelques heures avant le départ des courses, pour avaler un bon spaghetti :) À chacun ses méthodes !

Photo partagée par Florent Bouguin avant la Canadian Death Race 2014

Photo partagée par Florent Bouguin avant la Canadian Death Race 2014

Raison 62: Pour tes enfants

Nous souhaitons tous le meilleur pour nos enfants. Nous espérons qu’ils prennent exemple sur nous, en intégrant les valeurs que nous croyons les meilleures pour nous-mêmes, notre famille et la société dans laquelle nous vivons, mais en ne répétant surtout pas toutes les erreurs que nous pouvons avoir commises dans notre vie!

De mon côté, s’il y a quelque chose que j’ai apprise de mes parents, c’est bien qu’on inspire plus par l’action que par des instructions ou des recommandations (du moins jusqu’à l’approche d’une certaine maturité…!). Comme la plupart des jeunes, à ma fraîche époque, je n’ai jamais eu envie de me faire dire quoi faire sans bonnes explications (j’avais plutôt envie de faire le contraire!), et je me dis donc que rien ne vaut donner l’exemple pour inspirer ses enfants.

Mon fils aîné a trois ans et demi, et commence déjà à me poser tout plein de questions sur la course. Lui aussi veut courir, et non pas rester dans la poussette quand je vais le reconduire à la garderie (ça fait malheureusement un peu trop de kilomètres pour un jeune de trois ans). Il devient tout excité quand nous allons à des évènements, se souvient de ses expériences positives, de ses médailles de participation, de l’excitation et des multiples encouragements…

Le défi sera de demeurer un exemple pour lui, sans me transformer en contre-exemple… de ne pas le pousser contre ses envies et de ne pas l’inonder de trop d’activités au risque de noyer son intérêt dans quelques années.

La course (de trail et d’endurance) est une passion qui me rend heureuse en contribuant à mon équilibre de vie. Et je ne veux pas tant qu’il comprenne que la course peut le rendre lui-même heureux, mais que réaliser des activités qu’il aime, garder un équilibre, persévérer, dans la défaite comme la réussite, et aller au bout de soi-même, sont source de joie.

Les gens heureux ne sont-ils pas les plus inspirants? Oui, je cours aussi pour essayer d’être un exemple pour mes enfants…

Tom et Joé, les coquins

Tom et Joé, les coquins

Raison 61: C’est un petit monde…

Participer à une course de trail, c’est comme aller à un party de Noël chez la famille Côté. C’est une grande famille, qui ne cesse de grandir, avec tout plein de branches et de racines aux quatre coins du Québec. C’est l’occasion de se tenir à jour les uns les autres, de maintenir le lien, de rencontrer les « ptits » nouveaux, les chums pis les blondes et les enfants, tout ça autour d’une belle activité et d’un buffet de salades, de sandwichs, de fromages et de jus de fruits (ou de bières pour les mononcles bambocheurs*). Sauf qu’au lieu de se réunir autour d’un Père-Noël ou d’un lapin de Pâques, on se réunit autour d’une montagne à escalader ou d’une forêt à traverser. Et qu’au lieu de parler de nos plus récentes réussites dans nos études et nos emplois (on essaie généralement de parler positivement de soi), on parle de nos récents exploits à la course, de nos plus belles découvertes de sentiers et de ces nouvelles courses qui ont été créées, au risque de se répéter… ;)

La famille de la course de trail de longue endurance, c’est en effet un petit club, pas fermé du tout!, où on finit la plupart par se connaître ou se reconnaître, et qu’on travaille tous à faire grandir et prospérer. C’est aussi pourquoi j’aime bien ce loisir : pour ce sentiment d’appartenance, cette possibilité de parler le même langage, le plaisir d’avoir les mêmes références et la chance de s’encourager chacun son tour.

Parce que la course de trail d’endurance, c’est un petit monde… de plus en plus grand!

grosse famille

* J’utilise ce mot pour la première fois, et je me demande même si je l’ai déjà lu ou entendu. Vive le dictionnaire des synonymes, en espérant que ça se prête vraiment à ce que je souhaite exprimer! haha