Raison 89 : Parce que ton employeur est conciliant

Je n’arrive pas à croire que je n’ai pas pensé à cette raison plus tôt…

Je croise si souvent des gens qui n’arrivent pas à intégrer efficacement l’activité physique dans leur vie parce qu’ils n’ont pas de douche au bureau, parce qu’ils ont un horaire trop rigide, parce que leur lieu de travail est trop difficilement accessible à pied ou à vélo… Chaque fois, ça me sidère. Même des ministères et des administrations municipales, qui d’un côté font la promotion de saines habitudes de vie auprès de la population à tour de bras, parfois par coup de publicités coûteuses, hésitent à investir quelques milliers de dollars pour accommoder leurs employés! Parfois même (de ce que j’ai appris de source fiable) par crainte que de telles dépenses soient dévoilées par les médias poubelles qui dénigrent rapidement de tels investissements pour la qualité de vie de leurs employés! On l’a vu, on le reverra.

Je travaille dans une organisation à but non lucratif qui tire le mieux possible son épingle du jeu malgré des finances toujours incertaines et précaires et qui a compris que de donner la possibilité à ses employés de prendre un peu plus de temps le midi ou le matin pour faire du sport, c’est rentable. Performance et bonheur au travail garantis!

Douches, stationnements de vélo, autonomie dans la gestion de l’horaire, offre d’activités sportives à proximité et même sur le lieu de travail, rabais chez les gyms avoisinants, collations santé… mais surtout : ouverture d’esprit et réel encouragement de l’employeur, de l’organisation et des collègues à maintenir la forme !

Quand je me compare à des amis qui travaillent à gros salaires dans d’importantes organisations impersonnelles et sans services aux employés, je me trouve chanceuse finalement ;)

Comme ultratraileuse, je ne pourrais rêver de mieux!

Raison 88: Tu as développé une force tranquille

C’est la dernière journée de classe. Les autobus jaunes attendent pour nous ramener à la maison. On entend les moteurs qui grondent à l’extérieur. Je me dépêche. Je reviens du bureau du directeur qui m’a retardée pour faire un bilan rapide avec moi de mon année scolaire. Enfin, c’est ce que je crois aujourd’hui. Je ne me souviens plus exactement pourquoi j’étais au bureau du directeur ce jour là et pourquoi il m’a retardée. Mais je me souviens du retard.

Les couloirs sont déjà vides. Le chauffeur doit attendre après moi. J’en ai pour une heure à faire la tournée des différents quartiers pour arriver finalement à la maison. Je suis la première du circuit, et donc la dernière pour le retour à la maison, ce qui me donne droit à deux heures par jour dans un tape-cul digne de ce nom. Mais je ne veux surtout pas le manquer, comme chaque jour de l’année. J’ai beaucoup trop peur d’être obligée de rester ici plus longtemps qu’il n’en faut.

Cela fera une année scolaire que je fréquente cette école secondaire, « l’une des meilleures » de la région… Ce qui signifie 362 heures d’autobus jaune depuis 9 mois, l’équivalent de 15 jours… 15 journées de ma vie passées dans ma tête à rêver à ailleurs et à demain, à me concentrer sur mes études et la musique pour oublier le présent.

J’aperçois au loin des flocons de papier qui jonchent le sol à la hauteur de mon casier. Il est ouvert. Je prends quelques secondes pour réaliser que tout son contenu a été jeté par terre, les examens et travaux de fin d’année déchirés en petits morceaux. Des flocons de jalousie et de colère.

Les derniers mois m’ont appris à retenir mes émotions, à ne pas me laisser atteindre, à ne pas me laisser vaincre. Je fourre le tout rapidement dans mon sac, sans réelle surprise, sans frémir, et je déguerpis.

Presque vingt ans plus tard, il m’arrive encore de verser une larme quand je repense à cette deuxième année du secondaire, une période de lente et longue humiliation, ce type de torture mentale subtile, insidieuse, qui s’infiltre dans les zones de faiblesse pour te toucher au vif en laissant des marques indélébiles. Des ricanements, des chuchotements, des bruits qui courent, des manigances d’exclusion, les regards méprisants, les interpellations haineuses… Des petites actions presque insignifiantes mais qui, à force de répétition, creusent un puits de douleur dans le cœur encore trop fragile des enfants. « Check la pauvre »; « Mon père est plus riche que le tien »; « Elle ne peut pas avoir eu cette note. C’est rien qu’une chouchou »; « Elle triche »…

Ça ne prend pas grand chose pour être l’objet du jugement d’autrui. Ça en prend encore moins pour être celui d’un préadolescent. J’étais nouvelle dans la région, nouvelle dans cette école, j’étais déjà indépendante et, je l’admets, un peu garçon manqué.

Je ne me souviens presque plus rien de cette deuxième année du secondaire. Je me suis bâti un mur haut comme l’Everest pour me protéger et j’ai tourné la page sans regarder en arrière. Au point tel où j’en ai oublié les noms et les visages de celles (oui celles…) qui m’ont pourtant marquée…

Non. Aucune idée qui était ces jeunes filles et jamais je ne pourrais les reconnaître aujourd’hui. Je ne me souviens même plus vraiment ce que j’ai appris sur les bancs d’école cette année là. Vague souvenir de classes et d’enseignants. Mais je me souviens des paysages et du chemin pénible vers l’école.

Parfois, à l’épicerie, quand une femme de mon âge m’accueille au comptoir, j’espère secrètement que ce soit l’une d’elle qui me reconnaît, avec mes deux enfants, heureuse et épanouïe.

Parce qu’aujourd’hui, j’aime à penser si je suis à l’aise avec moi-même en ce moment, si je suis bien dans ma peau et heureuse, c’est aussi grâce à ces mauvaises expériences de la vie. Chaque jour pose un nouveau jalon sur notre chemin, qui ne serait pas le même sans ces périodes noires qui nous rendent plus forts, plus conciliants, plus humbles et humains.

Aurais-je cette même force de caractère si je n’avais pas été la cible de jeunes filles en manque d’attention dans mon jeune âge?

En deuxième année du secondaire, j’ai commencé à développer une force tranquille, une patience, une persévérance… une force fragile que je cultive et qui m’aide à relever des défis d’endurance comme les ultramarathons.

Tout cela pour dire que je vous invite à rester tous à l’affût de l’intimidation, à l’école, au travail ou dans tout milieu de vie, et de le dénoncer. J’ai « survécu »  mais cette expérience m’a sans doute fait grandir plus vite que je l’aurais voulu. Le harcèlement est subtil, pervers et il peut également détruire des vies…

Raison 86: C’est bon pour la santé

J’en vois déjà plusieurs sourciller. Bon pour la santé, courir pendant des heures? « Plutôt un bon moyen de ne plus pouvoir marcher à 60 ans »; « La modération a bien meilleur goût »; « C’est connu, ils se détruisent les genoux » ; les phrases-clichés sont nombreuses de la part de ceux qui cherchent à décourager les plus motivés… ou à se justifier.

Je vais vous avouer quelque chose : je n’ai aucune idée si c’est vraiment bon ou non pour la santé de courir des ultramarathons. Apparemment, personne ne le sait encore véritablement. Les études scientifiques se sont beaucoup penchées sur les effets de l’inactivité jusqu’à maintenant, mais très peu ont étudié le phénomène inverse. Et celles qui l’ont fait ont observé des facteurs très précis. C’est notamment le cas de la fameuse étude qui a beaucoup circulé au cours des derniers mois sur les effets du surentraînement sur l’espérance de vie, publiée dans le Journal of the American College of Cardiology (http://content.onlinejacc.org/article.aspx?articleID=2108914), et qu’on n’a pas manqué de m’envoyer de tous bords tous côtés, comme si on cherchait à convaincre une fumeuse d’abandonner la cigarette… Selon cette étude, résumée très grossièrement : « light joggers had a significantly lower risk of death than sedentary non-joggers (…) while strenuous joggers had nearly twice the risk of non-joggers ». Leur conclusion ? « Higher doses of running are not only unnecessary but may also erode some of the remarkable longevity benefits conferred by lower doses of running ». Autrement dit, comme les grands titres des médias ont tendancieusement exagéré les conclusions de cette étude, « courir trop peut nous tuer ».

Mais comme pour toute recherche scientifique, il y en a d’autres qui vont dans le sens carrément opposé, par exemple cette étude conjointe de l’Université de Stanford et de l’Université de California qui a révélé, en janvier 2014, que « compared with the general population, ultramarathon runners appear healthier and report fewer missed work or school days due to illness or injury ». On peut consulter l’étude ici http://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0083867 ou un résumé en français ici http://www.pourquoidocteur.fr/La-sante-de-fer-des-ultramarathoniens–4967.html.

Impossible donc, d’avoir une idée claire et précise sur la santé globale RÉELLE des individus qui pratiquent ce genre d’activités.

D’un point de vue très personnel, je me pose ces questions :

  • Les ultramarathoniens cherchent-ils vraiment à accroître leur espérance de vie? Est-ce la bonne question à se poser? En ce qui me concerne, je ne fais pas des ultramarathons pour vivre plus longtemps. Je risque bien que trop d’être déçue. Les facteurs de mortalité sont beaucoup plus nombreux que le simple fait de « trop » faire d’activité physique, telles que les chances que je meurs dans un bête accident avec une voiture qui a accéléré sur une lumière rouge ou dans un incendie qui s’est propagé en raison d’un détecteur de fumée dont les batteries n’ont pas été changées, que je développe un cancer parce que je consomme chaque jour des aliments imbibés de pesticides, de produits chimiques, d’OGM et d’aspartame, ou simplement parce que la loterie de la maladie m’a choisie. Trop faire d’activité physique peut réduire mon espérance de vie? Belle façon de détourner l’attention de ce qui pose un réel risque pour ma longévité!
  • Deuxième question : Qu’est-ce qu’une bonne santé? Être bien dans sa peau, pouvoir marcher, ne pas consulter de médecin, ne pas manquer de journée de travail ? Il faut se le dire : les blessures sont quasi inévitables peu importe l’activité physique pratiquée. Mis à part quelques bobos occasionnels, je ne me suis jamais sentie aussi en forme et en santé que depuis que je fais du sport quotidiennement. Je manque rarement une journée de travail en raison de la maladie et j’ai tendance à mieux manger et à me sentir de meilleure humeur les jours où j’ai bougé. En outre, je n’ai jamais été aussi connectée sur mon corps et à l’écoute de tout petit changement ou signal qui pourrait avoir un impact sur ma capacité à poursuivre mon mode de vie actuel. Je vois mal comment on pourrait me convaincre que courir souvent est mauvais pour ma santé.
  • Troisième question. Qu’est-ce que la modération quand tout est relatif par rapport à sa propre culture, ses valeurs et ses habitudes? Plus on mange, plus on a faim souvent; plus on joue à des jeux vidéos, plus on a envie de jouer; plus on fait de kilométrage souvent en voiture ou en autobus, plus le temps semble passer vite dans nos déplacements; plus on bouge, plus on a besoin de bouger… Je crois que non seulement l’esprit, mais aussi le corps, s’adaptent à la quantité de kilomètres qu’on lui fait avaler, si on sait y aller graduellement. Le danger, c’est peut-être d’y aller trop vite, trop intensément? De ne pas écouter son corps ou de déséquilibrer tout le reste de sa vie?
  • Finalement, à voir la panoplie d’articles publiés sur l’étude du Journal of the American College of Cardiology (Too much jogging ‘as bad as no exercise at all’, BBC News, February 3 2015 – , Fast running is as deadly as sitting on couch, scientists find, The Daily Telegraph, February 3 2015 – Stop that binge jogging! Three times a week is best for you… and too much is as bad as doing nothing, Daily Mail, February 3 2015) – comparativement à celle de l’Université de Stanford et de l’Université de California que j’ai à peine vu passer sur les médias sociaux– je me questionne pourquoi on saute si souvent sur les occasions de tirer les gens vers le bas, plutôt que sur celles qui tirent vers le haut? On semble préférer créer des problèmes chez ceux qui sont bien plutôt que de s’attarder à ceux qui ont de vrais problèmes…

J’ai particulièrement aimé le reportage, nuancé, de Télé-Québec à « Une pilule, une petite granule », le 25 septembre 2014, sur les effets des marathons et du surentraînement sur la santé. Malgré toutes les mises en garde soulevées, la conclusion des spécialistes interrogés est à l’effet que les bienfaits du surentraînement dépassent les répercussions négatives de l’inactivité. Autrement dit, si des objectifs élevés de performance motivent des individus à intégrer l’activité physique dans leur quotidien, on ne peut que s’en réjouir… car s’il y a une chose sur laquelle tout le monde s’entend, c’est que l’activité physique c’est important.

Raison 84: 10 km, c’est trop difficile

Je ne cours presque plus des 5 ou des 10 km, du moins dans des courses officielles. Non pas parce que je ne les considère pas comme un défi, au contraire. Ces distances me font peur.

L’automne passé, deux mois après l’Ultra Trail Harricana de Charlevoix, j’ai tout de même été curieuse de me mesurer sur une plus courte distance, idée de voir ce que je valais maintenant en mode « sprint ».

Je me suis inscrite à la dernière course de trail de l’année dans la région de Québec. Un beau 7 km dans les pistes de ski de fond du centre de ski Castor, à Valcartier. Un circuit avec une bonne dénivellation, dans les effluves de l’automne, et qui fait partie du Circuit des couleurs de Québec.

Une trentaine de minutes de souffrance. Courir vite, essoufflée, le cœur dans la gorge, sans être capable de parler pendant plusieurs minutes au fil d’arrivée. Ça faisait un moment que je n’avais pas vécu de telles sensations. Je ne suis pas entraînée pour cela.

Chaque distance comporte ses défis particuliers, qui requièrent des qualités, des entraînements et des compétences spécifiques.

Donner son maximum, en continu, sur 5 ou 10 km, ça m’impressionne vraiment.

Soyez en fiers si vous aimez ces distances et que vous vous laissez intimider par les ultramarathoniens. Le défi n’est pas du tout le même. L’important est d’apprendre à se connaître pour savoir ce que l’on aime véritablement.

photo coureurs

Photos de coureurs de la course Castor-Kanik. Difficile de trouver des sourires sur les photos ! :) Je vous aurais bien donné une photo de moi, défigurée de douleur, mais ils ne l’ont apparemment pas publiée ! haha

Raison 83 : Le temps est long

Trouvez-vous aussi que plus on vieillit, plus le temps passe vite? C’est fou! J’ai peur de me réveiller demain à 75 ans et d’être passé à côté de ma vie. On m’a expliqué récemment que c’est normal, puisqu’une journée sur un an d’existence, c’est proportionnellement pas mal plus long qu’une journée sur 30 ans. La perception du temps qui passe s’accélère donc sans cesse. Comme une boule de neige qui dévale une pente abrupte, prenant de la vitesse au fur-et-à-mesure de sa descente, jusqu’à ce qu’elle s’arrête… ou qu’elle disparaisse.

Heureusement, quand on court pendant des heures, on trouve le temps pas mal plus long. Autrement dit, quand on court longtemps, on ralentit ;)

boule de neige

Raison 82 : Parce que Mike Horn a réussi l’impossible

Connaissez-vous Mike Horn? Vous savez, ce héros des temps modernes, l’aventurier sud-africain de l’extrême?

C’est mon idole.

Ok. Certains lui reprocheront peut-être son égo dilaté comme un ballon trop gonflé, ou sa rédaction rien-de-très-extraordinaire, mais quand on obtient le record du monde de descente de la plus haute chute d’eau (22 m) avec un hydrospeed, qu’on effectue le tour du Monde à pied à vélo et en bateau par l’équateur, et celui du globe à pied, vélo, kayak, voilier, ski et ski tracté par cerf-volant par le cercle polaire, un voyage d’une durée de deux ans, on peut sans doute se permettre une certaine fierté et une petite faiblesse littéraire.

En fait, Mike Horn est l’incarnation de la puissance du mental sur la chair, du pouvoir de la pensée sur la survie humaine. Il a accompli ce que bien des hommes auraient cru trop périlleux et impossible. Certes, lors de ses aventures, il est parti armé d’une batterie de matériel à la fine pointe de la technologie, adapté à ses besoins spécifiques, conseillé et suivi de loin d’une équipe sérieuse et expérimentée. Ce n’en est pas moins par la production de sa propre énergie corporelle qu’il a avalé les kilomètres et avancé dans l’inconnu, et par la force exceptionnelle de son mental qu’il a repoussé les limites du possible, battu des records et survécu à 1000 dangers.

Depuis que j’ai lu les récits de Mike Horn, j’ai compris que la performance physique passe d’abord et avant tout par l’entraînement de l’esprit, par la manière dont nous nous parlons dans notre for intérieur et que nous nous percevons nous-mêmes. Depuis que j’ai lu les récits de ce mercenaire de l’ultime, j’ai compris que si je ne peux changer qui je suis ou ce que le monde est, je suis à tout le moins maître de mes pensées. Et que ce pouvoir est puissant et précieux.

Alors que le commun des humains aurait laissé sa peau dans les corridors glacés de l’Arctique, habités d’ours polaires et de loups affamés, secoués par un climat imprévisible et tempétueux, Mike Horn a puisé dans sa tête et son coeur des pensées indestructibles qui lui ont permis de se hisser parmi les êtres les plus forts et les plus courageux de l’histoire humaine.

On rit de moi quand, aujourd’hui, on me visite à mon travail et qu’on constate, légèrement empoussiéré sur mon bureau, tout à côté de mon ordinateur, un cadre avec la photo de Mike Horn. Dans le doute ou la difficulté, quand je crains l’échec ou que je ne me sens pas à la hauteur, je regarde le surhomme dans le blanc des yeux et je me rappelle l’importance de rester debout et d’avancer. Je relativise l’ampleur des défis qui m’attendent et puise dans mon petit livre intérieur des pensées herculéennes.

Pareillement, quand je cours de longues distances, que je doute de mes capacités et que je me méfie de l’abandon, je me souviens que Mike Horn a conquis l’impossible par le pouvoir de son esprit. Et j’avance, je reste debout et je continue de foncer.

mike horn2 mike horn

Raison 80: Tu t’ennuies des raids d’aventure

Je n’ai pas eu le temps d’en profiter beaucoup. Le jour où on m’a amené faire un rallye d’orientation en forêt, en 2007 ou 2008, l’activité était déjà en déclin… En fait, je crois qu’elle n’aura jamais réussi à percer. Manque d’engouement et donc d’inscriptions, beaucoup (beaucoup!) de logistique pour les organisateurs mais aussi, dans une certaine mesure, pour les participants, prix relativement élevé, éloignement des grands centres : le pari n’en valait apparemment pas la chandelle, et ceux qui organisent de tels défis se font rares aujourd’hui.

Pourtant, ce sont sans doute les courses les plus amusantes que j’ai vécues. Et il y a des jours comme aujourd’hui où je m’en ennuie…

Comment ça marche? Armé d’une carte, d’une boussole et d’un partenaire, tu dois trouver une série de points de contrôle dispersés dans la forêt grâce à des indices géographiques ou explicatifs. Le hic, c’est qu’ils sont bien cachés… et loin! Vélo, course, raquettes, canot, plusieurs combinaisons de modes de transport sont possibles tout au long du parcours. Et laissez-moi vous dire que ce ne sont pas les plus rapides qui arrivent en premiers dans ce genre d’évènements, mais bien les plus astucieux. Il faut bien planifier son parcours et lire avec attention les cartes et les indices, car il est facile de se tromper. Suivre les gens devant soi, même s’ils semblent savoir où ils vont, est une grave erreur de débutant! Comme quoi il ne faut faire confiance qu’à son propre jugement! Je me rappellerai par exemple toujours cette fois où, Pierre-Luc et moi avions gravi une montagne du centre de ski Stoneham, pour nous rendre compte que la bonne montagne où était située le point de contrôle était celle juste en face de nous… Il fallait tout redescendre pour mieux remonter… avec au moins trois ou quatre équipes qui nous avaient emboité le pas!! Haha!

Ce genre d’évènements est d’ailleurs excellent au niveau du team building… ou de la consolidation de couple! Il faut prendre des décisions rapidement, sous pression, alors que chacun détient une partie des informations (l’un tient la carte, l’autre les indices, par exemple). Gare à celui qui prend la mauvaise décision! Tu te découvres même parfois sous un angle nouveau. Des qualités et des défauts insoupçonnés font surface et te déstabilisent, te remettent en question et t’apprennent des leçons de vie.

D’un point de vue physique, le défi peut s’avérer également très éreintant : traîner son vélo sur ses épaules à travers des marécages, couper à travers la forêt en dehors des sentiers, marcher dans une rivière d’eau glacée où tu baignes jusqu’aux hanches, manquer d’énergie, se blesser, briser de l’équipement…tout est possible! Autrement dit : égratignures garanties! Mais plaisir fou aussi!

De mes quelques expériences de raids et rallyes, j’ai aimé devoir tenter de bien comprendre les cartes, apprendre à me débrouiller avec une boussole, deviner les sentiers, lire les montagnes… Je rêvais alors de ces rallyes qui se font sur plusieurs jours, au cours desquels tu dois également gérer ton sommeil et ta nourriture, soutenir ton partenaire dans des moments où la fatigue menace l’esprit d’équipe ou même seulement le tien!

Du coup, j’ai réalisé récemment que je n’avais pas fait ce genre de défis depuis plusieurs années. Comme le camping sauvage et la longue randonnée à pied ou à vélo, d’ailleurs. J’ai petit à petit oublié que ça existait. Peut-être que ça ne s’organise presque plus en fait, tout simplement, ce qui expliquerait pourquoi je n’en entends plus parler. Ou peut-être que c’est juste la vie de famille qui me ramène à des défis plus simples d’organisation logistique, et que je ne vois naturellement plus les rallyes passer.

Quoiqu’il en soit, je crois que les raids m’ont prédisposée aux ultratrails. Il faut être persévérant, ne pas avoir froid aux yeux, aimer la bouette, l’inconfort et les sentiers techniques, ne pas se soucier des petits bobos et chercher à vivre l’aventure. En d’autres mots, ils m’ont permis de goûter des moments d’une intensité physique hors du commun pour mieux me découvrir une force de caractère indispensable aux longues courses de trail…

Le 16 mai 2015, vous me verrez donc sans doute au Raid Pulse, en Outaouais http://raidpulse.com/homeFr/pevents/event-2.php. Depuis le temps que j’en rêve : me voilà! J’ai déjà hâte, c’est fou raid!!

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