Raison 37: La peur de l’insignifiance nous rend fous

Voilà le titre d’un essai publié l’an dernier par Carlo Strenger, psychanalyste, philosophe et professeur de psychologie à l’Université de Tel-Aviv, qui nous livre une critique acerbe de la vie moderne de 300 et quelques pages. Dans notre monde actuel « qui exhorte à toujours se dépasser à coups de Just do it ou de Yes you can, où chacun cherche frénétiquement à vivre son quart d’heure de célébrité, où la valeur personnelle se juge à l’aune de la richesse matérielle et du nombre de followers sur les médias sociaux », on a créé un « royaume de l’insignifiance » baigné d’un malaise existentiel généralisé, lit-on dans ce volume lourd de réflexions.

Je ne l’ai pas lu au complet. Le traverser requiert une bonne dose de concentration, tant le sujet est philosophique, historique et même sociologique, concentration qui justement me manque dans cette vie moderne frénétique. La trame m’a tout de même touchée et fait réfléchir. Il y a sans doute un besoin de donner du sens à l’existence dans cette mode de vouloir tous et chacun relever des défis plus fous les uns que les autres. Le besoin de se sentir vivants, importants, uniques; le besoin de gagner de la visibilité, « d’apparaître pour être », tel que le résume Carlo Strenger.

Je me suis promis que je lirais un jour ce livre en entier, éventuellement, quand j’aurai le temps de bien m’y plonger et de me laisser imprégner de ses remises en questions sans doute fort pertinentes. Car l’auteur apporte apparemment des pistes de solutions pour revenir à l’essence même de l’existence, à l’exigence intellectuelle et à la pensée libre.

En attendant, bien que je perçoive le côté un peu absurde des défis sportifs comme les trails de longue endurance, et leurs liens probables avec la course contre l’insignifiance, je ne peux m’empêcher d’aimer y participer et d’y trouver un moyen de donner du sens et de l’équilibre à ma vie. L’important, je présume, c’est de prendre conscience de cette absurdité et de continuer à vouloir donner de la profondeur à ce que nous faisons, peu importe les pressions sociales qui nous poussent à agir d’une telle ou telle autre façon…

Une réflexion sur “Raison 37: La peur de l’insignifiance nous rend fous

  1. Je veux lire ce livre; j’adore ce genre de réflexion. Merci pour le partage🙂

    Pour trouver un peu plus de sens à la course, un autre livre qui m’intéresse sur la course comme élément central pour la méditation: « Running with the Mind of Meditation » par Sakyong Mipham.

    Ça peut être un bon complément pour combler l’angoisse de l’insignifiance…

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