Raison 52: De telles courses existent…

Disons-le : on ne serait pas nombreux à courir des ultra-marathons s’il n’y avait pas de courses de ce genre officiellement organisées. Parce qu’elles existent, qu’elles sont légales et légitimes, que des gens s’y inscrivent et qu’elles se multiplient, nous donnent un minimum de raisons de s’y intéresser.

En tout cas, de mon côté, je n’aurais jamais pensé courir pendant plus de quelques heures en forêt de ma propre initiative, simplement pour le plaisir. Du coup, quand j’ai appris pour la première fois l’existence de ces défis, je suis tombée en bas de ma chaise. Quoi?? Il y a des gens qui ont vraiment cru que des coureurs paieraient pour souffrir à se démener seuls dans une montagne… et ça marche? Certaines sont complètes, même, le temps de le dire? Vraiment étrange, un peu taré pour être honnête…! Il y a tellement de belles choses à voir, découvrir et apprendre dans la vie. Pas de temps à perdre…

Mais bon. On m’a offert à la même époque de participer gratuitement à une de ces courses, voyage en camping compris, aux États-Unis. C’était le Vermont 50 Mountain Bike or Ultra Run, qui a lieu chaque année vers la fin septembre dans les environs de Brownsville, Vermont. Comme je suis curieuse et plutôt ouverte de nature, je saute généralement sur les occasions d’essayer de nouvelles choses, ce qui me permet par le fait même de me faire ma propre opinion de lieux, expériences, individus… Alors pourquoi pas. Je ne m’étais pas entraînée spécifiquement pour ce genre de courses et je ne prenais pas cela vraiment au sérieux, donc j’avais l’avantage de ne ressentir aucune pression de performance. En fait, je manquais de connaissances générales sur la course longue distance en forêt et m’entraînais un peu n’importe comment : ajouter des piments forts à mon spaghetti, vider un sac de pop corn et boire du petit vino la veille de la course, voire utiliser pour la première fois une toute nouvelle paire d’espadrilles pour réaliser l’épreuve, n’avaient même pas éveillé d’inquiétudes dans mon esprit. Cette naïveté aura été une bonne chose, car je sais maintenant que je n’ai pas besoin de me priver et de calculer ce que j’ingère et ce que je dors en heures de sommeil pour réaliser des courses de 50 km. Il pleuvait ce jour là, le sol était humide et glissant et les cyclistes de montagne qui réalisaient le parcours en même temps que les coureurs en ont arraché. Plusieurs ont dû abandonner, une idée qui n’aura finalement jamais effleuré mon esprit.

Je n’ai peut-être pas fracassé des records ce jour là, mais j’ai littéralement adoré mon expérience. Une véritable révélation. En fait, je n’ai absolument aucun souvenir négatif de cette journée (mais Dieu sait que la mémoire est sélective!), à tel point que j’ai une petite pensée pour le Vermont 50 Mountain Bike or Ultra Run chaque fois que je réalise de telles courses aujourd’hui.

Pourtant, cet ultra n’est sans doute pas parmi les plus belles courses de trail en Amérique, même si je ne me souviens honnêtement que très peu du parcours (l’expérience remonte à près de cinq ans). Vallonné plutôt que montagneux, il me semble, avec très peu de points de vue ou de paysages à couper de souffle, mais une belle organisation logistique, une dénivellation raisonnable et tout en alternance, une variété de sentiers et de sols et de forêts qui diversifient les sensations…

Pourquoi je fais aujourd’hui des ultramarathons? C’est bien parce que le Vermont 50 Mountain Bike or Ultra Run existe.

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