Raison 75: Parce que tu es non-conformiste

De l’extérieur, je n’ai probablement pas l’air d’être bien différente de la normale. Je ne suscite pas vraiment l’attention (en tout cas, c’est ce que je crois!).

OK. Je suis souvent décoiffée peut-être, pas trop maquillée, parfois avec des vêtements dépareillés, mais rien d’extravagant. On m’a même déjà qualifiée de « mainstream ». Ça m’a traumatisée.

Ceux qui me connaissent bien savent cependant que, dans ma tête, je ne marche pas tout à fait dans les mêmes chemins. Sur mon côté givré, je suis à la fois tatouée et percée, je porte des rastas, je suis végétarienne et je marche avec des mocassins. Seulement, je ne ressens pas le besoin de l’afficher.

Ces personnes ne s’étonneront pas le jour où je vais plier bagages, avec le sac-à-dos, mon chum et mes quatre enfants (… quatre ?). Je suis comme ça : imprévisible, indépendante, hippie, impulsive… Je me méfie des modes et des idées prémâchées, des opinions toutes faites, des normes et des règlements (même si je finis presque toujours par les respecter…). C’est peut-être même pourquoi j’ai décidé de vivre en banlieue plutôt en qu’en beau milieu du centre-ville, quand j’y pense. Un esprit bohème dans un bungalow : c’est loin des stéréotypes connus!

Sous mon air gêné (qui est bien réel malheureusement), j’explose de projets, d’idées, de créativité et de convictions. J’admire les marginaux, les artistes, les voyageurs, les travailleurs humanitaires, les petits entrepreneurs : ceux qui ont le courage de vivre pleinement et au quotidien leur liberté de penser, qui défient la société de consommation et cherchent à donner du sens à chacune de leurs actions. Au fond de moi, je rêve que mes enfants aient une crise d’adolescence difficile à gérer, qu’ils contestent bien fort mon autorité, remettent en question leur société… même si je sais pertinemment que l’égarement n’est jamais bien loin de celui qui s’aventure en dehors de la voie aménagée… et que ça me prendra tout mon petit change pour vraiment l’accepter!

Je crois donc que j’aime la course de longue endurance parce qu’il y a quelque chose de marginal, d’extrême et d’anti-conformiste à courir en forêt pendant des heures, sans raison évidente… surtout pour une fille. Faire des courses de ce genre, ça déstabilise et bouscule les standards établis. Ça oblige à faire des choses non conventionnelles, comme courir des demi-marathons pour aller travailler, se déplacer à pied, en vélo ou en patins à roulettes pour aller à l’épicerie, à l’aquarium ou chez la famille et des amis, à faire du camping avec un nouveau-né, à avoir les orteils crochus, les genoux écorchés et les pieds croûtés, à s’entraîner parfois en plein milieu de la nuit, à manger des trucs bizarres, à des heures incongrues…

J’aime la course d’endurance parce que je vide ma tête du superflu. Je reviens à l’essence brute de ma personnalité, avec mon sac-à-dos, mes idées et ma liberté de penser… et je me mets à rêver… de tattoos et de voyages humanitaires, aux aventures de Sylvain Tesson et Alexandre Poussin, à de grandes tablées d’enfants, à mon petit café…

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2 réflexions sur “Raison 75: Parce que tu es non-conformiste

  1. Bon choix de photos d’un voyage marginal qui traduit bien le non-conformiste. On devine aisément que tu essaies de donner du sens à tes actions et oublier qu’il y avait un ours derrière toi qui était prêt à l’action!!!

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