Raison 92: Peu importe le résultat, la satisfaction vient en donnant son 150%

Hier après-midi était la fin du XC de la Vallée, une fin de semaine de course de trois jours en forêt dans la magnifique Vallée du Bras-du-Nord, débutant avec un 10 km de nuit à la lampe frontale, se poursuivant le samedi avec un 38 km très technique et culminant le dimanche avec le splendide et équilibré 20 km sur les crêtes de la vallée.

Sous l’effet de l’excitation d’une fin de semaine bien remplie et pleine de rebondissements, j’ai publié une photo avec un petit témoignage de satisfaction et de remerciements dès mon retour de la course. La poussière n’a pris que quelques heures à retomber que je suis devenue mal-à-l’aise de ma publication et je l’ai effacée… D’abord, je n’ai pas rendu compte de cette expérience avec toute l’intensité que j’y ai vécue… Mais surtout, la photo que j’avais publiée était celle du podium du TransVallée (le podium de ceux ayant complété les 3 épreuves) pour lequel, bien que je sois bien contente de ma performance, n’est pas la vraie raison pourquoi je suis si heureuse de mes courses en fin de semaine. Une photo d’un podium ne représente pas l’image ni les valeurs des courses de trail que je souhaite véhiculer. Je suis convaincue que je serais tout aussi contente de ma fin de semaine sans cette petite cerise sur le sundae.
Ceux qui gravitent un peu dans le milieu de la course de trail l’auront déjà compris par la lecture d’autres témoignages sur les médias sociaux: les conditions de sentiers – déjà très techniques – dans la Vallée du Bras-du-Nord en fin de semaine, particulièrement samedi, étaient terribles. Il a plu pas mal dans les dernières semaines au Québec. J’espère que vous vous en souvenez! De la boue… des marécages de boue… des glissades de boue nous attendaient donc! On a glissé, on s’est roulés et on est tombés dans la bouette. On a travaillé mentalement très fort pour se garder motivés, garder le rythme et faire de son mieux. Parmi les nombreux guerriers présents samedi (170 environ), 30% (une cinquantaine) n’auront pas pu terminer leur course, pour cause de blessures, de manque d’énergie, de cassure mentale, de démotivation, de manque de temps…
Malgré cet environnement plutôt hostile, mon mental à moi, en fin de semaine, était pourtant béton. Rien n’aurait pu affecter ma joie de vivre et mon plaisir de pouvoir goûter à cette expérience unique en son genre et qui me rappelait cette fin de semaine de 2009 où Pierre-Luc et moi avons commencé à flirter ensemble, lors de l’une des premières éditions de cette course devenue mythique.
Après quelques premiers kilomètres avec Sarah Bergeron-Larouche, puis avec Renée Hamel, deux athlètes formidables, j’ai couru longtemps avec un gars de la Nouvelle-Calédonie vraiment sympa, Alban, et avec qui je n’ai pas vu plusieurs kilomètres passer à jaser ou à se tirer l’un l’autre. À tel point que malgré plusieurs chutes brutales et des crampes aux cuisses, même si je me faisais dépasser par d’autres filles (dont sa copine – une vraie championne), passant de 2e fille, à 3e, à 4e, à 5e… puis à quelques minutes seulement de l’arrivée, à 6e, je demeurais zen et contente de moi. Après tout, je donnais mon 150% et je passais de bons moments à découvrir le plus beau côté de moi-même.
Quand j’ai passé le fil d’arrivée, je me sentais forte comme une viking, euphorique, fière. J’avais vaincu Goliath. Je ne pouvais être plus satisfaite.
Le lendemain, le 20 km qui nous attendait allait assurément paraître beaucoup plus facile, plus roulant, plus équilibré. Les sentiers s’annonçaient déjà moins boueux et la mesure du temps qui passe allait prendre une autre dimension après l’épreuve du 38km. Et c’est exactement ce qui s’est passé. Les jambes lourdes dans les montées, je me sentais comme un chevreuil dans les descentes, même si mes souliers de route me faisait légèrement suer (de route? et oui! mes souliers de trail étaient bon pour la poubelle après la journée de la veille… peut-être même avant considérant les blessures de guerre qui m’ont balafrée la longueur des jambes). Les kilomètres descendaient à une vitesse étonnante et le fil d’arrivée est apparu avant même que j’ai le temps de me remettre en question. Encore une fois, une belle épreuve qui m’a appris que le corps humain est étonnant.
Et au travers de ces moments d’activité physique intense, des moments magiques sur le bord de la rivière, avec des gens généreux, positifs… vivants, dont mon formidable conjoint Pierre-Luc, qui m’inspire au quotidien.
Merci à ceux qui nous ont permis de vivre cette belle aventure: Horizon 5 Plein Air, qui y travaille très fort, leurs braves et bienveillants bénévoles, les partenaires commanditaires et, bien entendu, les nombreux coureurs qui font vivre cet évènement année après année.

De la boue, amenez-en!

gang 10km de nuit arrivée pierre-luc et moi

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